Autrefois l'artiste était le grand communicateur. On a même dit qu'une image valait mille mots. Aujourd'hui, il semble que la mode soit aux interprètes. Le chanteur n'a pas besoin d'un traducteur, l'auteur peut se passer d'illustrateur. Pourtant les réputations de nos peintres "officiels" sont faites de longues explications savantes et ronflantes ayant pour but de sensibiliser le pauvre spectateur à la superbe morgue des "faiseurs" de mots. Serait-il possible que certains tableaux n'aient rien à dire en dessin, composition, valeurs, couleurs ou style?

Pourquoi faut-il endoctriner les grands commanditaires avant qu'ils délient les cordons de leurs bourses? Pourquoi faut-il que leurs collections reflètent, non pas leur goût personnel, mais ceux de supposés connaisseurs qui les éloignent de toute communication populaire?

Les cercles artistiques se cantonnent dans un hermétisme mystérieux entretenu comme un complot pour éloigner l'homme de la rue. On parle de peinture en termes farcis d'une fausse révérence. Comme si ce galeux de "Joseph Latendresse" devait être conditionné avant d'avoir une opinion.

Je crois encore dans ma naiveté qu'une peinture est un objet de plaisir. J'aurais beaucoup de difficulté à accepter chaque matin en me levant de faire face à une oeuvre grotesque même si elle valait des millions. Je ne peux accepter que la peinture qu'on dit moderne se cantonne dans la laideur comme cette biennale internationale qui a accepté d'exposer des excréments de chien laqués.

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